Pour que chacune et chacun d'entre nous puisse vivre dignement et contribuer à la vie de la communauté. Au-delà d'un slogan, c'est bien une vision de société que je défends. Pour que nous puissions toutes et tous nous former, développer nos compétences tout au long de notre vie et nous engager dans des activités en mettant à profit nos connaissances. Et cela sans discrimination. Parce que nous avons chacune et chacun un rôle à jouer dans notre société.
Inclusion
Active professionnellement depuis 20 ans dans le domaine de la santé mentale et du handicap psychique, présidente de Forum Handicap Neuchâtel depuis 10 ans, l'engagement pour une société inclusive est au coeur de la vision politique que j'ai portée jusqu'ici et que j'aimerais amener au gouvernement si je suis élue au Conseil d'Etat.
La notion d’inclusion est souvent reliée à celle de handicap. Le handicap dans notre société est encore trop souvent conçu dans une perspective d’assistance, et non d’inclusion. On veut prendre soin des personnes vivant avec un handicap, on évoque l’égalité de leurs droits ou encore leur autonomie mais rarement on pense à l’inclusion. C’est pourtant un principe que la Suisse reconnaît puisqu’elle a ratifié, en 2014, la convention ONU relative aux droits des personnes handicapées.
Il me paraît important de poser rapidement quelques définitions pour savoir à quoi on se réfère quand on parle d’égalité, d’intégration ou encore d’inclusion. Ces termes se réfèrent tous à des concepts de lutte contre les discriminations de toutes formes mais cela peut être intéressant de présenter les nuances.
L’égalité est le principe qui fait que tous les individus doivent être traités de la même manière, avec la même dignité, qu'ils disposent des mêmes droits et sont soumis aux mêmes devoirs. L’égalité est inscrite dans les droits fondamentaux de notre Constitution fédérale.
Quand on parle d’intégration, cela présuppose l’égalité des droits (mais si on pense à l’intégration des étrangers on sait qu’on n’est pas encore dans une situation d’égalité des droits politiques pour les personnes d’origine étrangère, même si Neuchâtel est assez progressiste dans ce domaine). Le concept d’intégration correspond aux mesures et outils que l'on va mettre à disposition des personnes qui, en raison de leur culture, de leur langue ou d’un handicap, se trouvent empêchées de participer à la vie de la communauté (par exemple empêchées de travailler, de se former, de vivre de façon autonome, etc.). Dit autrement l’intégration signifie « adapter des individus que l’on perçoit comme différents » à un système que l’on considère normal.
Le concept d’inclusion signifie un changement de paradigme ou plus simplement un changement de la façon de concevoir la différence : en faisant de la diversité la norme et en considérant que la société doit faire tomber les barrières pour que toutes les personnes, quelles que soient leurs différences, puissent participer pleinement à la vie d’une communauté. Dans le domaine du handicap on peut l'illustrer d'un exemple : une mesure d’intégration c’est une place en école spécialisée pour un enfant en situation de handicap; une politique d'inclusion comporte toutes les mesures d’accompagnement que l’on met en place pour que le même enfant en situation de handicap puisse suivre la scolarité comme tous les autres enfants.
Aux yeux de certains, cette perspective est utopiste et peut être contraire à la volonté de certaines personnes en situation de handicap. J'ai la conviction que c’est un processus en chemin et que le développement de politiques publiques inclusives vont petit à petit contribuer au changement des mentalités. Pour cela on doit travailler à l’inclusion dès la petite enfance. Dans le canton de Neuchâtel on a fait des choses intéressantes par exemple en favorisant les possibilités d’accueil des enfants à besoins spécifiques dans les structures d’accueil extrafamilial. Un projet de loi sur l'inclusion (LIncA) est en cours d'examen parlementaire. Le volet inclusion de la loi est issu d'un travail collaboratif de l'Etat avec Forum Handicap, consécutif au dépôt d'une motion populaire en décembre 2014.
Pour changer de paradigme en matière d’inclusion, il faut donc du temps, des moyens financiers, de la créativité mais aussi penser sans doute le cadre un peu autrement.
Par rapport à cela, une des premières mesures que je me verrais bien proposer, si j’avais la chance de devenir Conseillère d’Etat, serait de modifier l’organisation structurelle de l’Etat de façon à dédier un département à l’inclusion. Un département qui se verrait rattaché des services ou offices tels que l’OPFE, le COSM, le potentiel futur délégué à l’inclusion des personnes vivant avec un handicap. La structuration des départements n’a rien d’anecdotique. L’Etat a une organisation très pyramidale et encore très cloisonnée. Les politiques d’inclusion sont transverses. Je pourrais donc assez bien imaginer un département qui a une mission transverse dans l’organisation de l’Etat.
En tant que députée, je me suis engagée dans différentes propositions dans ce domaine.
Novembre 2020 : Postulat 'Pour une adaptation des documents officiels de l’État en langage simplifié et pour un accès à ces documents pour toutes et tous'
Novembre 2020 : Motion 'Rétablir les droits politiques des personnes sous curatelle de portée générale ou sous mandat pour cause d'inaptitude'
Septembre 2020 : Interpellation 'Handicap et justice une inégalité de plus ?' Et pour le texte de mon intervention en plénum : Interpellation_PVH et justice.pdf
Mars 2018 : Interpellation 'Placement à des fins d’assistance (PAFA) et traitement sans consentement : l’Etat se donne-t-il tous les moyens pour respecter les droits des patients et prendre en considération leur volontés ?'
En tant que présidente du PSN, je me suis engagée pour que les lignes directrices de notre parti, validées en novembre 2020 suite à un processus participatif, soient également rendues accessibles en langue facile à lire et à comprendre à découvrir ici.